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Élections européennes : que se passe-t-il le 26 mai 2019 ?

Quentin Saison 0
Temps de lecture estimé : 4 minutes

Le 26 mai 2019 se tiendront les élections européennes en France. L’occasion, pour les nouveaux majeurs, de se faire entendre sur de multiples sujets de société, dans un pays étroitement lié à une Union Européenne qu’il a participé à mettre en place. Mais comment le scrutin fonctionne-t-il ? Quelle est l’offre politique ? Quelle place pour les jeunes dans cette élection ? Et dans quel climat se déroule-t-elle ? Autant de questions sur lesquelles revient Roux Libre.

Qu’est-ce que l’Union Européenne ?

L’Union Européenne est une association économique et politique centrée sur le continent européen, même si certains territoires (généralement d’outre-mer) comme le Groenland ou la Nouvelle-Calédonie en font également partie, puisque rattachés à des pays de l’Union. Aujourd’hui, 28 pays Européens sont membres de l’UE, du moins tant que le Brexit n’aura pas abouti.

Sur le plan économique, l’Union Européenne est une grande puissance. La production annuelle de richesses de l’UE équivaut à environ 19 milliards $, en faisant la 2ème plus grande puissance économique mondiale. C’est d’ailleurs l’un des principaux intérêts de cette Union : elle permet à un ensemble de pays d’avoir un réel poids dans le jeu des relations internationales, là où ces derniers seraient sinon peu influents face à des mastodontes comme la Chine ou les États-Unis.

L’Union Européenne repose sur trois pilier : celui relatif aux politiques intégrées (des mesures communes appliquées à l’ensemble de l’Union), celui relatif à la coopération en matière de politique étrangère et de sécurité, et celui relatif à la collaboration judiciaire et policière. Ensemble, ils couvrent les champs d’action de l’UE.

UE-EU-ISO 3166-1.png « Cartographie des pays membres (en bleu) et candidats (en rose) de l’UE » – par Euromap [Domaine public], via Wikimedia Commons

Qu’est-ce que les élections européennes ?

L’Union Européenne, comme la plupart des ensembles politiques, est partagée entre trois pouvoir : le judiciaire (celui qui contrôle et applique la loi), l’exécutif (celui qui exécute les lois et les décisions de justice), et le législatif (celui qui créé les lois). Le pouvoir exécutif est occupé par les chefs des États membres ou par des commissaires désignés par eux, et le pouvoir judiciaire par des juristes. Les organes du pouvoir législatif eux, sont composés de parlementaires élus par les populations européennes. C’est là qu’entrent en jeu les élections européennes, dont le but est d’élire les représentants de chaque pays au Parlement Européen. Cela confère donc un certain pouvoir législatif aux peuples des pays membres de l’UE sans pour autant passer par leurs représentants déjà élus. En d’autres termes, cela peut permettre aux français d’avoir, deux ans après l’élection d’Emmanuel Macron, des représentants européen sans lien avec le Président de la République.

Comment ça fonctionne ?

Les élections européennes se dérouleront donc, en France, le 26 mai 2019. Les français pourront élire 79 représentants, sur la base de listes nationales (cela signifie que, tout comme pour les élections présidentielles, ils voteront pour des représentants à l’échelle nationale et non régionale). Les représentants seront élus à la proportionnelle, selon le schéma suivant :

scrutin proportionnel graphique

Pour voter, il suffit à chaque électeur de se rendre dans sa mairie, muni de sa carte électorale qu’il aura normalement reçue par voie postale au préalable.

Des élections confrontées à une montée de l’euroscepticisme

Les élections européennes de mai 2019 se déroulent dans un climat particulier. En effet depuis quelques années, l’Union Européenne est confrontée à un nouveau défi, majeur : la recrudescence de l’euroscepticisme (le rejet de l’Union Européenne). Il s’accompagne d’une montée des extrêmes, comme en Italie, en Hongrie, ou en Pologne, et a débouché en Angleterre sur le Brexit. Ainsi, ces élections européennes présentent une portée symbolique : historiquement caractérisées par un fort taux d’abstentionnisme (56,5% en 2014 en France), les résultats devraient être révélateurs de l’adhésion ou non des Français au projet européen.

L’offre politique de cette année

Cette année comme toujours, les partis politiques participent largement aux élections européennes : elles sont pour eux l’opportunité d’exprimer leur idéologie au-delà des frontières nationales, et de fédérer des mouvances politiques européennes (comme le Parti Démocrate Européen, le Parti Socialiste Européen, ou encore le Parti Populaire Européen). Ainsi, une quinzaine de partis « traditionnels » (LREM incluse) devraient se présenter aux élections.

Toutefois, un nouveau genre de liste apparaît pour ces européennes : celles des « Gilets Jaunes ». Omniprésents dans le paysage médiatique depuis plusieurs mois, certains d’entre eux ont décidé de se lancer dans la politique, en tentant leur chance aux Européennes. Trois listes se sont ainsi constituées, dont une menée par Ingrid Levavasseur, l’une des figures du mouvement. Ainsi, l’IFOP (Institut Français d’Opinion Publique) semblait indiquer début janvier que l’ensemble des Gilets Jaunes pourrait recueillir 7,5% des voix, plaçant ces derniers en quatrième position derrière LREM, le RN et Les Républicains.

La place des jeunes dans cette élection

Depuis plusieurs années, l’Union européenne tente d’intégrer les jeunes dans son projet. Cela passe par le programme Erasmus+, mais également par des journées à thème, comme la Journée Européenne des Langues, où les établissements scolaires sont intégrés à un large réseau Européen d’actions et de sensibilisation. Pourtant, les moins de 35 ans semblent bouder les élections européennes. Ainsi en 2014 selon l’IPSOS, 74% d’entre eux ne se sont pas rendus aux urnes.

Cette année, l’élection aura lieu le 26 mai 2019 ; il sera possible de voter dans toutes les mairies de France. « Nouveaux » majeurs, vous n’avez normalement aucune démarche à entamer, puisque votre carte électorale vous sera envoyée par la poste. Et si vous avez moins de 16 ans mais que vous pensez que comme au Brésil, en Allemagne* ou en Suisse*, vous devriez pouvoir voter, alors prenez votre mal en patience… certains y œuvrent.


* seulement pour les élections locales.

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