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S’insurger à Confolens ?

Quentin Saison 0

Les jeunes se bougent-ils enfin ? À l’appel de l’Union Nationale des Lycéens (UNL) et en plein contexte de révolte des « Gilets Jaunes », des lycéens de la France entière se mobilisent. Les plus critiques veulent changer les choses, les plus indécis suivent le mouvement, et les moins engagés trouvent dans le blocage de leur lycée un prétexte pour échapper aux cours. Pour une fois, Confolens n’a pas fait exception ; en ce mardi 4 décembre, plus d’une trentaine de lycéens a participée au mouvement. Car en campagne aussi, les jeunes ont des choses à dire.

D’un début infructueux et de six kilomètres dans les pattes…

La manifestation devait avoir lieu la veille : problèmes organisationnels obligeant, le cortège ne partit que le lendemain, le mardi 4 décembre à 8h tapante. Ainsi 20 lycéens, certains en gilets jaunes, se sont dirigés dans la bonne humeur vers le rond point de Terre Neuve, à six kilomètres du lycée. Ils ont toutefois été rapidement écartés de la manifestation par la gendarmerie, et par d’autres gilets jaunes « qui ne voulaient pas de problèmes ». Dégoûtés (mais non découragés), les manifestants ont donc voté pour le déplacement du blocage au rond-point du lycée. Le chemin du retour se fit entre Marseillaises et slogans « anti-macrons », et c’est à 10h que le cortège parvint au lycée. C’est là que commença réellement la manifestation, par un sitting sur le parking puis l’établissement de barrages filtrants au rond-point -ce jusqu’à 15h.

… jusqu’au barrage filtrant et à l’intervention des gendarmes.

« On a voulu manifester pour nos droits de lycéens, pour notre avenir -au niveau des taxes, de l’essence. » Léa Oré est l’une des organisatrices de la manifestation. « Ici on ne veut pas des gens qui sont là pour sécher. » Ceux là, ils décrédibilisent le mouvement. Car des revendications -des vraies-, les lycéens en ont. Ils protestent contre la réforme du bac, pour de meilleures conditions d’études dans le supérieur, contre les suppressions de postes de professeurs… En somme, il n’est pas seulement question de rater les cours.


Et pourtant, ce mardi dans la foule, nombre d’entre eux ne sont là que pour ça. Jean-Guillaume Desmoulin, proviseur du lycée, tente d’ouvrir la discussion avec les manifestants. Pour lui, le plus important reste la sécurité. Lorsqu’elle passera, plusieurs fois dans la journée, la gendarmerie raisonnera de la même manière. « Seuls ceux qui ont un gilet jaunes peuvent aller sur la route ». Mais malgré l’accord de sécurité passé sur place entre les forces de l’ordre et les manifestants, la gendarmerie recueillera tout de même les noms de tous les manifestants, lors de son dernier passage.

Des automobilistes solidaires, d’autres un peu moins.

Au sein des bloqués bien sûr, le barrage filtrant ne fait pas l’unanimité. Entre autre reproche que l’on pourrait adresser aux manifestants, l’obligation faite aux automobilistes de mettre en évidence sur leur tableau de bord un gilet jaune. Ça non plus, ça n’a pas fait l’unanimité : au point qu’un automobiliste perplexe -et aussi quelque peu remonté- sorte de son véhicule. Sortie sans heurts bien sûr et, à l’image de la journée, tout est rentré dans l’ordre très rapidement. D’autres, moins patients, préfèrent faire demi-tour sous les huées des gilets jaunes. En tous cas, une chose est à souligner : les personnes vulnérables et les ambulances n’ont pas été dérangées.

Toutefois, certains automobilistes soutiendront les manifestants. Sourires complaisants, encouragements, coups de klaxon… Être lycéens ne change finalement pas grand-chose et, que l’on soutienne les gilets jaunes ou non, cela saute aux yeux : « le peuple » a besoin de s’exprimer, et l’âge n’y change rien.

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